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Prêts immobiliers : Un projet de loi pour limiter leur accès ?

Suivant une recommandation adressée au Luxembourg par le Comité Européen du risque systémique en 2016, le Gouvernement luxembourgeois prépare un projet de Loi afin de réduire les risques bancaires liés au surendettement des ménages vis à vis de l’immobilier. En effet, dans un rapport datant novembre 2016, le CERS s’inquiète d’une certaine vulnérabilité́ de l’immobilier résidentiel au Luxembourg ainsi que dans 10 autres pays européens. La mission, qui a été confiée à la commission de surveillance du secteur financier (CSSF), fait déjà l’objet d’un débat en suscitant quelques inquiétudes, notamment au niveau de la Chambre de commerce et de l’Association des Banques et Banquiers. Ces deux institutions s’inquiètent, que la réduction des risques, synonyme d’accès plus contraignant aux prêts immobiliers (taux d’endettement des ménages abaissé et réduction de la période d’endettement), entrave le marché de l’immobilier, l’accès à la propriété et l’économie luxembourgeoise.

Si la Chambre de Commerce reconnait bien la réalité de l’endettement élevé des ménages, elle relativise son importance sur 3 points :

Le secteur bancaire luxembourgeois apparait extrêmement bien capitalisé en comparaison internationale, le cinquième rang au sein de l’Union européenne et nettement au-delà̀ de la moyenne de l’Union européenne (soit 16%). Le secteur bancaire luxembourgeois semble donc être tout à fait en mesure de faire face à des chocs économiques importants, qu’ils émanent ou non du marché immobilier.

2-  L’importance de l’augmentation de la dette des ménages est à relativiser compte tenu du fait que les actifs des ménages ont aussi augmenté.

3-  Il ne s’agit pas d’une « bulle immobilière ». L’augmentation des prix de l’immobilier (+30% entre 2006 et 2016) est principalement liée au dynamisme de l’économie luxembourgeoise et d’une immigration nette particulière soutenue.

En conclusion, la Chambre de commerce, invite le Gouvernement luxembourgeois à faire preuve de prudence et d’analyse dans la mise en œuvre d’actions limitant l’accès au crédit immobilier ce qui aurait pour conséquence un impact négatif sur l’économie de Luxembourg.

Ce projet loi pourrait également créer un effet néfaste en permettant davantage à ceux qui en ont les moyens de concentrer un part plus important du marché de l’immobilier. Pour garder son dynamisme, le marché luxembourgeois de l’immobilier a besoin de que l’accès à la propriété soit ouvert au plus grand nombre.

Mainstreet / Bridel